Influenceurs, hub managers et hommes de réseaux tuyauteurs

31 mars 2010

Ce soir Vincent Ducrey membre du cabinet de Luc Chatel et auteur d’un très épais Guide de l’influence paru aux éditions Eyrolles fêtait la sortie de son pavé. Si je parle de ce livre, ce n’est pas simplement parce que Vincent Ducrey m’a demandé d’y livrer ce que je pense de l’influence aujourd’hui et qu’il nomme le hub management. Si j’en parle c’est que Vincent Ducrey fait partie d’une génération qui a compris contrairement à la précédente que le pouvoir ne se garde plus pour soi mais qu’il se partage. J’ai dû l’écrire ici autrement il y a quelques temps.

La génération de mon père a longtemps pensé que le pouvoir consistait en une information sur laquelle il fallait poser son cul le plus longtemps possible. La génération des Vincent Ducrey a compris l’inverse. C’est par la transmission de l’information qu’on exerce aujourd’hui un pouvoir parmi d’autres. C’est en se transformant en tuyau, en autoroute humaine de l’information que l’homme-média (je ne parle pas des journalistes mais de ces hyper-communiquants) estime exercer un pouvoir qu’il accepte de partager. Et effectivement, tandis que nous levions nos verres à la santé de l’auteur et de l’ouvrage, Vincent Ducrey m’a confié, « mon hub est là » en désignant l’assistance ; son Hub, c’est à dire les maille humaines de son réseau constitué de gens avec lesquels il a plaisir à travailler. Son livre devait initialement s’intituler théorie du Hub Management. Je trouvais ça très chouette, ça le posait « en gourou » mais l’éditeur n’a pas voulu. Ecrivant ce billet, je me suis demandé pourquoi je prenais le temps de m’intéresser à Vincent et à son bouquin. Pour être honnête, j’ai accepté de parler dans son livre en espérant qu’un jour il m’amènerait Luc Chatel pour causer Internet dans Parlons Net. Chacun ses petits pêchés. J’attends toujours toujours Chatel ceci dit…

En grattant un peu, je m’aperçois que Vincent Ducrey est un garçon qui sait y faire. Il est passionné de ce qu’il fait, sait en parler sans frimer et a de l’entregent, comme on dit. Mais il fait simple. La somme de ces adresses couplée au travail important qu’il a investi dans un livre qu’il vendra à quelques centaines d’exemplaires seulement en font un personnage attachant mais également représentatif d’une époque où les hommes de réseaux tuyauteurs vont peu à peu remplacer les hommes de pouvoir noyauteurs. Je les observe pousser le tourniquet avec intérêt.

La Toile de David Abiker